LA COMMUNICATION : Le phénomène de la tromperie.
- Marjory Sériès

- 1 mai
- 3 min de lecture
Un bon souper, un ami en guise de compagnie puis une discussion, qui t'amène à te poser des questions. Assis devant ton ami, tu te demandes '' C'est quoi ce baratin qu'il me raconte ?''. Une partie de toi veut le croire, car il te jure que c'est la vérité (Comme à chaque fois), mais en même temps... Tu doutes et tu as le droit.

DÉFINITION
La science a étudié le phénomène de la tromperie en psychologie. Définissons tout d'abord ce terme sous le sens de cette discipline.
'' Par tromperie, on entend ici toute communication interpersonnelle, qui vise à induire en erreur. Les tromperies varient évidemment quant à la gravité de leurs conséquences.''
-Robert J. Vallerand (2006).
En d'autres mots, une tromperie est le fait qu'une personne ne te dise pas la vérité sur un sujet lors d'une discussion divers.
COMPORTEMENTS DE FUITE NON-VERBALES
Lors de recherches en psychologie, les chercheurs des études Ekman (1985) et Ekman & Friesen (1969) ont mis en perspective des ''fuites'' non verbales. C'est-à-dire des comportements non verbaux adoptés par les personnes qui mentent, qui suggèrent possiblement une tromperie tel que :
Le fait de ne pas faire d'affirmations factuelles
D'être vague dans les propos mentionnés
Prendre un temps avant de répondre
Voix plus aigue
Discours accompagnés de comportements gestuels (Mains qui se dirigent au visage)
INDICES DE TROMPERIE
D'autres études ont mis en relief qu'à travers les communication, l'on pouvait déceler des signes de tromperie, soit des indices qu'une personne ne dit pas entièrement la vérité.
L'étude de DePaulo et ses collègues (2003) a examiné l'efficacité de 158 indices en corrélation avec les discours de tromperie.
Voici leur conclusion :
Les personnes qui mentent présentent une moins grande ouverture à la conversation
Ils présentent des histoires moins vraisemblables
Ils donnent une impression d'eux-mêmes plus négatives, soit en étant plus tendus
Leur récit est moins imparfait que les discours véridiques et il comporte moins d'évènements à caractères inusités
CARACTÉRISTIQUES DU BON MENTEUR
La motivation de la personne à garder secret son secret (aussi appelé le niveau d'activation), ses émotions reliées à la peur de la découverte de la vérité tel que la culpabilité, la honte, la peur ou l'anxiété, la complexité du mensonge et la propre capacité de contrôle de la personne sur son comportement sont des déterminants importants sur la capacité de la personne qui ment à paraitre où non honnête lorsqu'il relate son discours.
En ce sens, les personnes qui trompent bien ont une apparence physique ainsi qu'un comportement, qui met en perspective l'honnêteté.
Selon les études en psychologie, les personnes aux traits physiques petits nez, grands yeux (traits enfantins) auraient tendance à être davantage cru par leurs proches s'ils mentent.
Également, en ce qui concernent la personnalité, les bons menteurs seraient plutôt des personnes extraverties, qui sont chaleureux et enthousiastes.
COMMENT DÉTECTER UN TROMPEUR ?
Selon Friedman & Tucker (1990), détecter un menteur revers quelque peu de la chance. On ne peut généraliser les études à toutes les situations ni à tous les individus.
QUOI FAIRE SI JE CROIS QU'UN PROCHE ME MENT ?
Lisez ceci et réfléchissez à ce que vous voulez faire de la situation...
'' Les interactions sont régies pas une règle qui veut que nous acceptions l'image de soi de notre interloculeur telle qu'elle nous est présentée. Tout soupçon mettrait en péril notre propre image et l'avenir de l'interaction.''
-Goffman (1969)
Accepter la possibilité d'un mensonge est d'accepter la possibilité d'être dans une fausse relation.
Accepter le parler de nos doutes quant au mensonge est un risque à prendre quant à l'ébranlement de la confiance dans la relation.
Si la confiance est ébranlée sans confiance et qu'on avait tord, notre estime est alors ébranlé à son tour. On se remet en question.
Ceci demande reflexion.
RÉFÉRENCE
Ekman (1985)
Ekman & Friesen (1969)
Friedman & Tucker (1990)
Goffman (1969)
VALLERAND, R, J. (2006). Les fondements de la psychologie sociale. La communication et les interactions sociales. Gaetan morin editeur. Montreal. Canada. Page 315-316.


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